(BBC) - La délégation du Forum des Forces vives (opposition, syndicats et société civile) a pris la décision de rejeter le projet d'accord politique, tel qu'il lui a été soumis" par la médiation, a indique vendredi un communiqué de l'opposition.
"Les préoccupations fondamentales du peuple guinéen n'ont pas été prises en compte dans le projet d'accord politique", estime l'opposition.
Depuis le massacre le 28 septembre par les forces de sécurité dans un stade de Conakry, l'opposition refuse tout dialogue avec les putschistes et exige le départ de la junte et de son leader le capitaine Dadis Camara, arrivés au pouvoir à la faveur d'un coup d'Etat le 23 décembre 2008 après la mort du président Lansana Conté.
Les Forces vives prennent aussi leur distance par rapport au médiateur:
La délégation se "réserve le droit, après consultation de sa base en Guinée, de se prononcer quant à sa position par rapport à la médiation", toujours selon le communiqué.
"Pour l'instant, nous ne récusons pas le médiateur. Nous n'avons pas d'opposition contre la personne du médiateur mais contre le document qui nous a été soumis", a déclaré le leader de l'Union des Forces démocratiques de Guinée Cellou Dalein Diallo.
Selon les Forces vives "les recommandations et résolutions de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest, du Groupe international de contact sur la Guinée, de l'Union européenne ainsi que du conseil de sécurité de l'ONU ont été purement et simplement ignorées".
Notamment celles relatives à la non candidature au prochaines élections des membres du Conseil national pour la démocratie et le développement, de son président, du Premier ministre et des membres du gouvernement ainsi que la mise en place, sur la base du retrait du CNDD, d'une nouvelle autorité de transition".
Après avoir rencontré séparément les deux parties à Ouagadougou depuis début novembre et recueilli leurs propositions, le médiateur Compaoré leur avait remis jeudi soir à Ouagadougou un document de synthèse.
Dans ce texte le président Blaise Compaoré propose notamment la mise en place d'un "Conseil national de transition" dirigé par le chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, qui serait également "chef de l'Etat" et "chef suprême des armées".
Le Conseil national de transition sera chargé de l'organisation de l'élection présidentielle dans un délai de 10 mois" à compter de décembre.
Toujours selon le document, le "chef de l'Etat et tout membre du gouvernement voulant se présenter à l'élection présidentielle doit démissionner 4 mois avant le jour du vote" pour se porter candidat.
Aucune disposition n'interdit donc au chef de la junte de se présenter à ce scrutin.
La délégation de la junte a quant à elle jugé qu'il y avait des points positifs dans les propositions du médiateur.